L’interview de Carole Hervé, consultante en lactation certifiée IBCLC

lactation -Image allaitement

Carole Hervé est consultante en lactation certifiée IBCLC. Kidd’izy l’a rencontrée.

 

En quoi consiste le métier de consultante en lactation? 

 

Carole Hervé : une consultante en lactation est une spécialiste de l’allaitement maternel. C’est une professionnelle qui a suivi une formation spécifique et même une certification internationale pour pouvoir soutenir tous les projets d’allaitement.

Cette certification n’est pas française puisqu’elle n’est pas encore proposée comme telle en France. C’est un diplôme international pour une durée de 5 ans. Sur ces 5 années, nous devons nous justifier de 75 points de formation continue et à l’issue de ces années nous repassons l’examen.

Le métier de consultante en lactation vient s’ajouter à la sage-femme, l’infirmière puéricultrice, PMI,  le pédiatre et le médecin généraliste. Nous sommes les personnes qui viennent intervenir en tant que spécialiste quand il y a des difficultés à allaiter. Notre rôle est d’accompagner la mère durant toute son aventure d’allaitement.

Typiquement il va y avoir une consultation de préparation à l’allaitement puis continuer jusqu’au sevrage de l’enfant. Les consultations habituelles vont porter sur les douleurs dues à l’allaitement ou sur la prise de poids du tout petit. Puis à cela va s’ajouter des questions sur le sommeil, à l’alimentation de la maman, à la diversification du bébé, à la séparation, à la reprise du travail et au sevrage.

 

Pourquoi avoir choisi ce domaine ?

 

J’ai choisi ce domaine suite à une expérience que je n’ai pas vécu comme épanouissante au début. Lors de mon premier enfant, que j’ai allaité, les professionnels n’ont certainement pas eu l’humilité d’admettre qu’ils n’avaient pas assez de compétences dans le domaine. Ils ne m’ont pas dirigé vers quelqu’un de plus compétent ce qui a entraîné un sevrage anticipé. D’une certaine manière, je me suis sentie assez triste.

Par la suite, j’ai réussi mon deuxième allaitement d’une autre manière. J’ai également franchi les portes d’une association d’allaitement qui s’appelle la « Leche League » dans laquelle je suis toujours impliquée aujourd’hui. De ce fait, j’ai appris que cette association a créé le diplôme de consultante en lactation. Suite à cela, je suis devenue animatrice bénévole pendant 10 ans pour finalement aller plus loin et devenir consultante en lactation.

Carole s’est exprimée en vidéo sur son métier ici:

 

Quels sont les avantages de l’allaitement maternel ? Cela protège-t-il le bébé de certaines maladies ?

 

Carole Hervé :  L’avantage principal de l’allaitement consiste en la protection du bébé. C’est-à-dire des anticorps spécifiques pour le bébé, c’est l’alimentation du petit de l’homme. C’est absolument incomparable avec quoique ce soit d’autre. Aujourd’hui, aucun lait artificiel ne peut être à la hauteur du lait maternel. D’ailleurs, les bébés prématurés ont un besoin important de lait maternel. S’ils ne le reçoivent pas, ils risquent soit d’être gravement malade, soit de mourir.

Dans un second temps, il y a relation qui se crée avec la maman qui reste importante. Ensuite, une fois que l’allaitement est installé il n’y a plus de soucis, pas besoin d’avoir avec soi tout le matériel.

Après, l’allaitement est un choix personnel qui doit être pris en fonction de ce que l’on souhaite et non juste sur le côté relationnel, ou alimentaire. Même s’il s’agit de 3 jours d’allaitement, c’est déjà formidable.

 

Comment intervenez-vous auprès des jeunes mères allaitantes ?

 

Carole Hervé : je réponds à leurs questions soit en préparation à l’allaitement, soit en post-partum. En règle générale, une mère va faire appel à moi parce qu’elle a mal pour une consultation soit en cabinet soit à domicile.

Pendant la consultation, je vais observer la succion du bébé, je vais voir comment il se positionne, je vais observer une ou plusieurs tétées, voir le transfert de lait, observer les mamelons, puis me renseigner sur son histoire. A partir de là, je vais développer un plan d’allaitement personnalisé en gardant à l’esprit la santé du bébé, la prise de poids, ainsi que la santé de la maman.

 

À quel moment commence-t-on à allaiter et comment se déroule la première tétée ?

 

Carole Hervé : dès la naissance, le nouveau-né peut exercer des tétées. Il n’y a pas de délai particulier à observer. Le bébé est né pour téter et peut donc  pratiquer dès sa naissance.

 

Pour allaiter son bébé, existe-t-il des positions spécifiques, plus pratiques ?

 

 

allaitement lactation

Carole Hervé : bien sûr, il existe des positions « académiques ». C’est-à-dire des positions auxquelles nous allons attribuer des noms et qui requierrent un petit apprentissage, comme par exemple la position de la madone inversée, du ballon de rugby, ou encore la position allongée ou à califourchon. Ce sont des positions traditionnellement enseignées aux mamans.

Puis, il y a quelques années, nous nous sommes rendu compte, grâce au travail de Suzanne Colson, que si l’on donne à la maman l’opportunité d’exprimer pleinement son intuition, le bébé va trouver son équilibre. Si on place la maman un peu en arrière comme lorsqu’elle accouche par voie basse, le bébé va naturellement se diriger vers son sein en trouvant une position optimale afin de recevoir un maximum de lait sans faire mal à la maman.

Cette position s’appelle « biological nurturing » de Madame Colson. C’est une connexion absolument extraordinaire puisque cela garantit plus de 9 fois sur 10 une absence de douleur, une tétée optimale souvent plus courte.

Pour en savoir plus sur les positions d’allaitement, vous pouvez consulter cette vidéo de Carole Hervé.

Est ce que je dois suivre un régime particulier quand j’allaite ? Y’a t-il des aliments interdits ?

 

Carole Hervé : il ne faut pas s’amuser avec l’alcool. On essaie de ne pas en abuser surtout juste après la naissance. Il n’y a aucune interdiction formelle cependant. Mais c’est néfaste pour le lait maternel donc il faut éviter d’en boire.

Concernant les aliments à éviter, à priori non. Les mamans mangent de tout selon son régime naturel. Si toutefois, on se rend compte que l’allaitement se déroule bien mais que le bébé commence à avoir un peu d’eczéma sur les paupières ou autre, nous allons nous intéresser à la nourriture. A ce moment là, nous allons regarder suivant les familles d’allergènes avec un spécialiste.

 

 

Quels sont les aliments favorisant la lactation ? Conseillez-vous les tisanes d’allaitement, le fenouil par exemple ?

 

Carole Hervé : généralement, je conseille peu les tisanes dans l’espoir d’avoir plus de lait. La lactation est vraiment physiologique et mécanique. C’est-à-dire que pour avoir du lait, il faut solliciter les seins.

Maintenant, certaines mamans ont besoin d’un petit coup de pouce. Si elles veulent s’essayer aux tisanes, je recommande celles de bonne qualité. D’autre part, on se rend compte que les amandes, les flocons d’avoines, l’ovomaltine sont des choses souvent typées comme galactagogues, c’est à dire qu’elles augmentent la lactation.

 

Que faire si mon bébé a du mal à téter ?

 

Carole Hervé : dans ce cas, on stimule au maximum la lactation de la maman, plus que nécessaire. Il faut que le  bébé aie moins d’efforts à fournir. La maman va donc lui donner soit à la main, soit avec le tire-lait. D’autre part, nous allons proposer au bébé des contacts pluriquotidiens vers le sein sans le forcer. On le nourrit avec le lait maternel puis on lui propose plusieurs occasions de le faire par lui-même sans le forcer.

Il faut également l’habituer à autre chose que la tétine, comme une petite cuillère, une petite tasse éventuellement, une seringue ou une pipette. Privilégier un contact peau à peau où le bébé est uniquement en couche contre le corps de la maman ce qui a pour but de remettre ses réflexes de succions d’un nouveau-né.

Si cela ne suffit toujours pas, nous allons voir quelqu’un d’urgence qui est compétent et essayera de comprendre pourquoi le bébé a ce problème là.

 

Durant les premiers mois, comment le partenaire réussit-il à trouver sa place ? 

 

Famille et lactation

 

Carole Hervé : le peau à peau peut être également fait avec le conjoint lors d’un câlin. Cela améliore sa température et  le rythme cardiaque du bébé. Ensuite, le conjoint est là et a un rôle logistique, c’est lui qui va s’occuper de la maman, des rendez-vous, du lavage de mains lors des visites de la famille ou d’amis. Il est garant de la sécurité.  

Lorsque la maman est un peu fatiguée,  c’est également à lui de veiller à ce qu’elle se repose. De plus, il est présent pour soutenir moralement la mère, comme un coach. Donc le partenaire a plein de choses à faire durant la maternité.

 

Comment arrêter progressivement son allaitement de nuit ?

 

Carole Hervé : le bébé va de lui-même trouver un rythme qui s’installe entre 3 à 6 semaines. Il va commencer à faire la différence entre le jour et la nuit. Physiologiquement, le bébé n’est absolument pas près à passer une nuit sans son apport de calories régulier. Certes, la maman a besoin de repos, mais le bébé a un besoin indispensable de calories.

De plus, pour garantir une bonne production lactée, les tétées de nuits sont souvent très précieuses. L’hormone qui va produire du lait est supérieure entre 1h et 6h du matin. Il est souhaitable que le bébé tète à ce moment là. 

Alors effectivement, aujourd’hui il existe des astuces pour diminuer les tétées de nuit, néanmoins je ne pense pas que ce soit pertinent de les citer. Certaines mamans vont les appliquer  avec un bébé qui ne prend pas assez de poids, cela peut avoir des conséquences derrière.

 

A un moment le bébé sera sevré. Quand et comment doit-on s’y prendre ? 

 

Carole Hervé : le sevrage, c’est introduire quelque chose  d’autre dans l’alimentation du bébé hormis le lait maternel seul.  Cela peut commencer à  partir de la moitié de la première année, aux alentours de 6 mois. Il va commencer à manger du solide, en petite quantité.

Doucement  va s’installer un sevrage très progressif qui peut prendre jusqu’à 2 ans, 3 ans, 2 semaines au gré de l’envie de la maman. La maman peut se laisser porter.  Elle n’est pas obligée de choisir un âge, le bébé commencera de lui-même à se détacher du sein. De plus, il existe différentes formes de sevrage. Celui abordé ci-dessus est dit le « sevrage naturel ».

Le sevrage peut aussi s’imposer de lui-même lorsque le maman doit subir un examen médical qui requiert un médicament toxique que le bébé ne peut recevoir via le lait maternel. Dans ce cas, ce sera un sevrage dit « circonstanciel ». En fonction de l’âge du bébé, ce changement se fera soit via un lait artificiel, soit via des aliments solides.

Maintenant, si la maman décide de se laisser vivre même si elle a repris le travail, elle peut trouver des solutions pour continuer à réaliser des lactations optimales. Cela, tout en commençant à introduire du solide et lorsqu’elle le voudra,  elle pourra introduire plus de solide ou du lait artificiel.

Si toutefois, la maman veut aller plus vite, elle peut avoir recourt à de la sauge officinale qui, en tisane très concentrée, va avoir pour impact de baisser la lactation. Cependant, pour moi, une consultation de sevrage prend 1h30 puisque chaque circonstance va amener l’écoute des sentiments.

Pour plus d’informations, vous pouvez regarder cette vidéo de Carole Hervé sur le sujet.

 

 

Contactez Carole

 

Pour plus de renseignements, nous vous invitons à consulter la page professionnelle de Carole Hervé, consultante en lactation certifiée IBCLC, membre du réseau certifié Kidd’izy, vous pouvez en savoir plus sur l’expérience, les prestations, les tarifs de Carole et réserver une consultation ici.

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