Les avantages de l’ostéopathie pour les femmes enceintes et les jeunes mamans. Interview de Sarah Cavalier

Dans cette interview, Sarah Cavalier, ostéopathe spécialisée en périnatalité à Paris, nous éclaire sur les bienfaits de l’ostéopathie.

 

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KIDD’IZY : Bonjour Sarah Cavalier, vous êtes ostéopathe spécialisée en périnatalité à Paris. Pouvez-vous nous expliquer votre façon de travailler par rapport à d’autres professionnels ?

L’ostéopathie est une thérapie manuelle holistique. Le but de l’ostéopathe est de traiter le patient dans sa globalité. On traite les lésions dites « mécaniques » du corps qui entraînent des gênes fonctionnelles

Dans la prise en charge en périnatalité, cela reste de l’ostéopathie, avec les mêmes principes. La différence réside dans l’approfondissement des connaissances. Nous avons plus de boîtes à outils et donc un panel de techniques plus varié, des observations plus rapides et des tests plus précis. Ces derniers permettent de détecter également si la prise en charge est de notre ressort, ou non. Il faut alors rediriger le nouveau-né et savoir l’expliquer aux parents.

Ces formations permettent donc beaucoup plus d’aisance dans la prise en charge des nourrissons. Mais surtout dans celle des parents, qui ont besoin d’être rassurés, d’avoir des conseils et qui sont souvent plus stressés que leurs enfants. Il faut qu’on soit présent pour eux afin de les accompagner au mieux.

En périnatalité, il faut prendre le temps de s’occuper du bébé et de la maman. Il est important, également, de détecter le moment où le bébé est dans un état de confort pendant la séance pour continuer dans ce mouvement-là et savoir quand il faut arrêter.

 

Que préconisez-vous comme suivi ostéopathique à une femme enceinte ? 

 

Je conseille à toutes les femmes enceintes une visite à chaque trimestre. La première visite devra être après la première échographie : c’est l’échographie de datation. Elle permet de faire un point sur le début de grossesse, de traiter et prévenir les premiers maux, et éviter leur passage dans la chronicité au prochain trimestre voire au post-partum.

La deuxième visite sera au deuxième trimestre. Il s’agira de pérenniser le confort obtenu lors de la première visite. Également proposer des exercices ainsi que des postures d’auto-correction afin que la maman puisse se soulager.

La troisième visite, au troisième trimestre, se basera sur deux mots clés : espace et mobilité. On travaille sur le gain d’espace afin de faciliter la mobilité du mobile foetal et on travaille sur les structures afin d’aider la maman à supporter la double circulation et le poids. Il faut tout mettre en oeuvre sur cette dernière ligne droite afin d’optimiser le travail et l’expulsion ( l’accouchement ).

Le post-partum, qui est très souvent oublié, est très important. La maman doit être en forme. L’accouchement peut être traumatisant, on travaille donc sur la réorganisation posturale et viscérale afin d’optimiser une récupération générale.

 

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Pourquoi est-il conseillé de consulter un ostéopathe après son accouchement ? Et combien de temps attendre ?

Comme j’ai pu l’évoquer précédemment, c’est une séance presque essentielle. Elle va permettre de réévaluer la posture, redonner de la mobilité à des structures qui étaient soumises à des contraintes et relancer l’équilibre. C’est un temps pour la maman même s’il est vivement conseillé qu’elle soit accompagnée de son nouveau-né.

Après l’accouchement, presque tout tourne autour du nouveau-né, l’hôpital, la famille, les amis etc… Et la maman subit encore de nombreux changements autant internes qu’externes, physiques et psychologiques, expliquant d’ailleurs de nombreuses dépressions post-partum.

Le rééquilibre postural qui va être travaillé lors de cette séance d’ostéopathie va indéniablement moduler tous ces aspects. En théorie, le mieux est d’attendre le retour de couche. C’est-à-dire, environ 6 à 8 semaines après l’accouchement chez une femme qui n’allaite pas au sein, le temps que le travail interne post accouchement se fasse, avec notamment la chute des hormones, l’involution de l’utérus (reprend sa place), la cicatrisation d’une éventuelle épisiotomie etc… Mais en pratique, certaines femmes consultent avant.

 

Je contacte Sarah Cavalier

 

La kinésithérapie respiratoire du nourrisson est souvent une source de craintes pour les parents. Est-ce qu’une séance d’ostéopathie du nourrisson est aussi impressionnante ?

C’est une pratique qui fait beaucoup débat, notamment dans la prise en charge de la bronchiolite chez les nourrissons. Elle est décrite comme inconfortable voir même invasive. Cependant, les séances sont prescrites et remboursées.

Une séance d’ostéopathie du nourrisson est différente. Elle n’a déjà pas le même but et ne se déroule pas de la même façon.

On attend, tout d’abord, l’accord du nourrisson avant de commencer à le traiter. Il faut qu’il soit disposé à recevoir les soins.

Il arrive aussi que le nourrisson, pendant la séance, ait besoin de réconfort ou d’être nourri. Dans ce cas, je laisse les parents le prendre et termine la séance avec leur bébé dans leurs bras. La séance se déroule au rythme de l’enfant et l’ostéopathe doit s’adapter.

 

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Les séances d’ostéopathie sont-elles complémentaires des séances de kinésithérapie ?

Oui à 1000 %. La kinésithérapie rééduque, travaille sur le renforcement musculaire. Tandis que l’ostéopathe travaille sur les blocages, relance la mobilité, travaille sur les postures, traite les troubles fonctionnels.

Quoi de mieux que de tout débloquer avant de rééduquer ? Le travail des ostéopathes potentialise réellement celui des kinésithérapeutes.

D’ailleurs, dans le torticolis congénital, comme on l’a vu précédemment, des séances de kinésithérapie sont prescrites.

Cependant, une séance d’ostéopathie auparavant permet de tout relâcher, avant que le kinésithérapeute travaille directement sur le muscle. Cela permettra de réduire les séances de kinésithérapeute et de pérenniser l’efficacité du traitement.

 

Le sommeil du bébé est une des questions les plus fréquentes de demande de conseils ou consultation. Peut-on réellement compter sur l’ostéopathie pour soulager les nuits des parents et des bébés ?

 

Le sommeil de bébé dépend de beaucoup de facteurs, aussi bien intrinsèques  qu’ extrinsèques. Or, la qualité de sommeil d’un bébé et d’un enfant est essentielle pour son éveil et son développement. Bien sûr, les parents peuvent compter sur l’ostéopathie pour soulager leurs nuits et celles de leur protégé.

L’ostéopathe interrogera les parents sur différents points afin de détecter un souci extérieur puis auscultera le corps de l’enfant à la recherche d’un inconfort quelconque. Il peut être crânien, digestif, ORL, ou bien une nervosité globale.

Le but est d’apaiser le bébé et le mener vers le chemin de la sérénité, aussi bien pour lui, que pour ses parents. Il faudra également accompagner les parents autour de conseils pour le couchage.

 

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Le torticolis congénital est méconnu. Quels signes les parents doivent impérativement surveiller? Comment agissez-vous pour « débloquer » un torticolis congénital?

En effet, il existe 3 types de torticolis congénitaux : le musculaire, le postural et l’osseux.

Le plus fréquent est le torticolis congénital musculaire. Celui-ci est caractérisé par soit, une mauvaise position de la tête qui est dûe à un spasme musculaire, soit une contraction permanente d’un muscle, appelé SCOM (Sterno-Cléido-Occipito-Mastoïdien). Ce dernier peut former une olive, voire une boule dans le cou du nouveau-né. Il est souvent visible entre la 2e et la 4e semaine de vie.

La mauvaise position, elle, est caractérisée par le port de la tête en inclinaison du côté du muscle spasmé et une rotation de l’autre côté.

Ainsi, si les parents constatent que le nouveau-né a la tête posée sur son tronc toujours de la même façon, qu’il a des difficultés à tourner la tête, qu’il s’énerve ou est très douloureux au change, alors il faut consulter.

La consultation précoce est très importante car si tout le système se fixe et reste comme cela, une plagiocéphalie risque de pointer le bout de son nez.

Après tous nos tests neurologiques, et comme pour toute séance, on recherche toutes les zones en manque de mobilité et on travaille dessus afin de les libérer.

 

Les enfants ont de plus en plus tôt des appareils dentaires. Cependant, cela a un effet néfaste sur les structures crâniennes. Est-il conseillé de voir un ostéopathe ?

Je ne parlerais pas d’effet néfaste sur la structure crânienne mais bien de contrainte. En effet, on adjoint une structure rigide sur une structure osseuse en croissance et donc qui doit être mobile.

Il y a plusieurs écoles. Certains orthodontistes veulent s’aider de la croissance de l’enfant et donc contrôler précocement en denture mixte ou lactéale afin de corriger les mauvaises positions et les mauvaises occlusions. C’est plutôt de l’orthopédie dento-faciale.

D’autres orthodontistes préfèrent attendre la denture définitive, aux alentours de 12 ans, avec le pic pubertaire, avec un dernier potentiel de croissance.

Dans tous les cas, il est fortement conseillé de consulter un ostéopathe avant, pendant, et après le traitement orthodontique. Mais également en podologie, puisque nous touchons à une des entrées de la posture.

Il faut rééquilibrer correctement le reste de la posture au même titre que la vue afin d’éviter des compensations, comme par exemple, l’apparition d’une scoliose.

Effectivement, consulter un ostéopathe avant, pendant et après le traitement permettra de relâcher les tensions, de travailler sur la mobilité et cela peut réellement potentialiser le travail orthodontique, voire l’accélérer.

 

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On dit souvent qu’en une séance d’ostéopathie, le patient doit voir une amélioration. Confirmez-vous ces dires ?

Alors, chaque patient arrive avec ses bagages, ses douleurs plus ou moins récentes, plus ou moins sensibles, son environnement (son travail, sa famille, ses activités, son histoire, son état psychique, physique) et tout cela face à une séance qui doit durer en moyenne 45 minutes.

Chaque patient est différent et réagit donc différemment. De ce fait, selon moi, on ne peut pas dire que le patient doit obligatoirement ressentir une amélioration en une séance.

Mais en tout cas, il doit constater un changement, soit positif, soit négatif. Le praticien doit cependant être capable d’expliquer au patient ce qu’il a fait, dans quel but, s’il doit le revoir et dans combien de temps.

 

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Pour plus de renseignements, nous vous invitons à consulter la page professionnelle de Sarah Cavalier, ostéopathe spécialisée en périnatalité, membre du réseau certifié Kidd’izy. Vous pouvez en savoir plus sur l’expérience, les prestations, les tarifs de Sarah et contacter Sarah ici.

 

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