Instinct maternel: entre mythe et réalité scientifique

Instinct maternel
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C’est une question quasi existentielle à laquelle nous allons essayer d’apporter quelques éléments de réponse.

 

Déterminisme ?

Charles Darwin prônait le déterminisme absolu. Les mères seraient programmées pour aimer, protéger, faire les bons gestes auprès de leur enfant, sans pourtant y avoir été préparées.

Nous sommes dans la théorie de l’inné. 

Et certaines mamans confirment, que ne se sentant pas spécialement maternantes, elles ont découvert des capacités inouïes à la naissance de leur bébé.

Pour acquiescer la théorie de Darwin, les scientifiques ont établi un lien entre 2 hormones et l’instinct maternel. Ces 2 hormones sont développées pendant la grossesse et l’accouchement (l’ocytocine et la prolactine) et favoriseraient le maternage.

 

Culture ?

Elisabeth Badinter avait suscité la polémique en récusant la thèse déterministe. Farouche féministe, elle défend la thèse d’une construction sociale, exprimant le poids de la société dans l’obligation et la fonction maternante.

Elle fonde son approche sur le traitement des femmes jusqu’au 18è siècle envers leur progéniture. Des nourrices pour allaiter, des infanticides et abandons d’enfants fréquents prouveraient le mythe de l’instinct maternel dans nos sociétés modernes. Point de maternage forcé.

Ce nouveau rôle serait d’ailleurs apparu à la fin du 18è siècle, lorsque les mères devaient être totalement dévouées, maternantes et allaitantes.

Mme Badinter s’attaque à l’inné, en introduisant la notion d’inconscient par rapport à la notion de biologie et de pur déterminisme.

« Le biologique ne pèse pas le même poids que l’inconscient et pèse peu au regard des contraintes sociales »(1)

 

La part biologique inhérente, mais non déterminante 

Sarah Blaffer Hrdy est primatologue et anthropologue, membre de l’Académie des sciences américaine.

Dans Les Instincts maternels, elle se démarque des 2 thèses précédentes.

Ni simple déterminisme, ni pure construction sociale, les pratiques des mères sont liées à une part biologique inhérente (prolactine, odeurs…). Certaines recherches ont mis en évidence le rôle de l’odorat dans le maternage de certains animaux.  Ces dernières démontreraient que sans odeur, la maman ne reconnaîtrait pas son petit…

L’instinct maternel n’est pas un instinct de survie aussi fort que celui de boire ou manger. C’est comme s’il y avait des failles. Les exemples de mères peu à l’aise avec le maternage, après la naissance de leur bébé, ou les mères qui sont de plus en plus nombreuses à ne pas désirer d’enfants illustrent bien ce rapport.

Enfin, on parle aussi parfois d’instinct paternel !

Des chercheurs ont démontré que le taux de prolactine des hommes augmente de 20 % 3 semaines avant la naissance

Alors, l’instinct maternel, mythe ET réalité scientifique!

Sources:
(1) Entretien avec Elisabeth Badinter (suite). 2010. Anne Crignon.

 

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