Déni de grossesse : tout ce qu’il faut savoir

femme deni de grossesse

Selon l’Association française pour la Reconnaissance du Déni de grossesse, 600 à 1800 femmes seraient concernées en France chaque année par le déni de grossesse. Pourtant, ce phénomène reste un tabou.

Pendant longtemps, il a été appelé « dissimulation volontaire » et ce n’est qu’en  1976 que le terme de « déni de grossesse » apparaît. Selon une étude allemande (1), le déni de grossesse concerne 1 femme sur 475.  Pourtant, peu est dit autour de cette situation.

Une étude britannique fait un résumé de la littérature scientifique antérieure concernant le déni de grossesse.

 

Définition du déni de grossesse

 

Le déni de grossesse est le fait qu’une femme soit enceinte sans qu’elle soit consciente de l’être. Dans certains cas, elle ne présente aucun signe de grossesse : elle ne grossit pas, n’a pas un ventre arrondi, ne déclare aucun maux de grossesse et ne se doute de rien, tout comme son entourage. On observe d’ailleurs que lorsque les femmes faisant un déni de grossesse découvrent leur grossesse, leur ventre grossit d’un coup.

 

On distingue plusieurs types de dénis de grossesse :

  • Les femmes n’ayant aucune connaissance de leur grossesse jusqu’au terme
  • Celles qui savent qu’elles sont enceintes, mais ne font pas ou peu de préparation en ce sens
  • Les futures mères découvrant leur grossesse au dernier trimestre et échouant à dispenser les soins prénataux de base.
  • Les femmes découvrant leur grossesse au premier trimestre

 deni de grossesse

 Portrait de la femme faisant un déni de grossesse

 

On pense souvent que les femmes faisant un déni de grossesse sont jeunes, plutôt pauvres, avec un faible niveau d’éducation, et toxicomanes, ce sont des idées reçues !

Les chercheurs sont clairs : il n’existe pas de femme-type sujette au déni de grossesse. Il existe des femmes très éduquées et aidées faisant un déni de grossesse.

De plus, 50% des femmes ayant fait un déni de grossesse étaient déjà mères. Selon une étude américaine, 29% des femmes ayant fait un déni de grossesse jusqu’à l’accouchement ont fait un déni total, et 9% ont nié leur grossesse, c’est-à-dire qu’elles en étaient conscientes mais faisaient comme si elles n’étaient pas enceintes.

 

Les femmes faisant un déni de grossesse forment donc un groupe hétérogène, sans caractéristique commune.

experts certifiés

Les causes possibles du déni de grossesse

 

La grossesse est une période de changements physiques et émotionnels énormes. Le corps change, le couple devient une famille etc. Pour certaines femmes, ces changements demandent une adaptation psychologique dont elles ne se sentent pas capables.

 

Le déni de grossesse vient de cette inadéquation entre leurs attentes et la réalité. C’est un phénomène qui nous rappelle la force du psychologique : le fait de ne pas être conscient de sa grossesse empêche le corps de se transformer pour bien accueillir le bébé.

 

Le stress peut également en être une cause. En effet, d’après une étude française, la totalité des femmes faisant un déni de grossesse ont des antécédents de stress, mais uniquement 52% d’entre elles ne présentaient pas de troubles psychologiques (3).

 

Les femmes faisant un déni de grossesse sont ainsi celles ayant le plus peur de la grossesse. L’étude en parle ainsi comme un « mécanisme de défense ». Ce sont des femmes soit jeunes, soit ayant une vie active ne leur permettant pas de penser à la possibilité de tomber enceinte. Les facteurs psychologiques de cette peur ne sont pas cités du fait de leur complexité.

médecin

 

Les conséquences du déni de grossesse

 

Du fait d’un manque d’assistance et de compréhension du problème, les femmes faisant un déni de grossesse sont confrontées à de lourdes conséquences après l’accouchement :

  • Accouchement précipité voire non assisté : effectivement, il peut arriver que la femme ne sache pas qu’elle accouche et donc accouche même dans les toilettes
  • Troubles émotionnels post partum (dépression post-partum, « baby blues  » …)
  • Rejet possible du bébé pouvant mener à un néonaticide
  • Nouveau rôle de parent à assumer en quelques jours

 

 Mauvaise connaissance du phénomène

Les nombreuses conséquences douloureuses existantes pour une femme faisant un déni de grossesse fait que l’accompagnement psychologique et médical est indispensable.

 

En effet, une fois que la grossesse est découverte, le risque d’infanticide est très élevé. Il est donc très important que la mère soit suivie de près. Il s’agit pour elle d’apprendre son rôle de mère en une vitesse record, ce qui n’est pas aisé.

 

Mais en amont, nous devons être mieux informés de ce phénomène car 38% des femmes interrogées dans une étude allemande (3) ont vu un médecin pendant leur grossesse sans qu’il la diagnostique enceinte.

 

Cette étude est donc un appel à reconnaître le déni de grossesse pour mieux le prévenir et le soigner.

 

Si vous vous posez des questions sur votre grossesse ou potentielle grossesse, nous vous conseillons de rencontrer des spécialistes de la maternité, psychologues, sages-femmes ou accompagnants en périnatalité.

psychologue

Article mis à jour le 28/11/2017

Sources : Denial of pregnancy – a literature review and discussion of ethical and legal issues. Angela Jenkins, Simon Millar, and James Robins
  • Wessel J, Endrikat J, Buscher U, Frequency of denial of pregnancy : results ans epidemiological signifiance of a 1-year prospective study in Berlin. Acta Obstet Gynecol Scand 2002 ;81 ;1021-1027.
  • Characteristics of women who deny or conceal pregnancy. Friedman SH, Heneghan A, Rosenthal M. Psychosomatics. 2007 Mar-Apr; 48(2):117-22.
  • “Psychopathologie de la périnatalité » Jacques Dayan, Gwénaëlle Andro, Michel Dugna – Masson 2003,
  • Denial of pregnancy as a reproductive dysfunction: a proposal for international classification systems.Beier KM, Wille R, Wessel J.J Psychosom Res. 2006 Nov; 61(5):723-30.

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