Un nouvel outil pour dépister les femmes à risque de pré-éclampsie

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Pré-éclampsie : c’est l’une des complications de la grossesse les plus redoutées par les futures mamans.

Malgré la surveillance médicale régulière tout au long de la grossesse, il reste très complexe pour les équipes médicales de prévenir le risque de développement d’une pré-éclampsie. Dans ce contexte, des chercheurs toulousains utilisent depuis peu un nouvel outil pour dépister les femmes à risque d’une telle complication.

 

 

La pré-éclampsie, une complication fréquente de la grossesse

 

 

La pré-éclampsie est l’une des principales complications de la grossesse et affecte environ 40 000 femmes en France (source INSERM). Elle se manifeste par la présence de protéines dans les urines (protéinurie) et par une hypertension artérielle.

Prise en charge de manière adaptée, elle est sans conséquences sur la santé de la mère et de l’enfant. En revanche, si elle n’est pas détectée et traitée, elle peut entraîner des complications graves, susceptibles de mettre en danger la vie de la femme enceinte et de son bébé.

 

Le suivi régulier et systématique des femmes enceintes a notamment pour objectif de dépister le plus précocement possible les femmes développant une pré-éclampsie. En fonction des cas, la prise en charge repose alors sur :

 

 

aspirine previent preeclampsie

Parallèlement, l’administration d’aspirine en prévention de la pré-éclampsie pourrait, selon les études scientifiques, réduire de 90 % le risque de développer une telle complication chez les femmes à risque.

D’autres conseils sont souvent donnés aux femmes, notamment une alimentation saine et variée: manger bio, prendre suffisamment de calcium.

 

alimentation saine et biologique

Mais comment identifier ces femmes à risque ?

 

 

Un dépistage délicat des femmes enceintes à risque

 

 

Actuellement, les médecins se basent sur les caractéristiques maternelles et sur les antécédents médicaux et obstétricaux pour identifier les femmes à risque de développer une pré-éclampsie. Les facteurs de risque pris en compte sont notamment :

  • Un âge maternel supérieur à 40 ans ;
  • Un Indice de Masse Corporelle (IMC) supérieur à 30 kg/m² ;
  • La nulliparité (les femmes enceintes de leur premier enfant) ;
  • Les grossesses multiples ;
  • Un intervalle de plus de 10 ans entre deux grossesses ;
  • La conception par FIV (Fécondation In Vitro) ;
  • Les antécédents personnels ou familiaux de pré-éclampsie ;
  • L’hypertension artérielle chronique ;
  • Une atteinte rénale chronique ;
  • Un diabète (de type 1 ou 2) ;
  • Un lupus érythémateux disséminé ou une autre pathologie auto-immune ;
  • Une thrombophilie.

 

Mais les approches actuelles basées sur ces facteurs de risque montrent leurs limites et ne sont pas toujours pertinentes pour identifier les femmes à risque de pré-éclampsie.

 

 

Un nouvel algorithme utilisé à Toulouse

 

 

Dans ce contexte, le CHU de Toulouse a récemment instauré un nouveau dépistage ciblé de la pré-éclampsie, pour les femmes enceintes de leur premier enfant et pour celles ayant des antécédents personnels ou familiaux de pré-éclampsie.

 

programme de code

 

Ce nouveau dépistage s’appuie sur un algorithme, développé par la Fetal Medicine Foundation, qui prend en compte plusieurs critères :

  • La tension artérielle moyenne ;
  • L’index de pulsatilité des artères utérines (déterminé lors d’une échographie obstétricale) ;
  • Le dosage dans le sang maternel de deux protéines particulières (PAPP-A et PIGF).

 

Testé sur 500 femmes entre 2016 et 2017, cet algorithme a permis d’identifier :

  • 3,6 % de femmes à risque de développer une pré-éclampsie avant leur 34ème semaine d’aménorrhée ;
  • 9,6 % entre la 34ème et la 37ème semaine d’aménorrhée.

 

L’utilisation de ce nouvel algorithme constitue ainsi un nouvel outil très intéressant pour identifier les femmes enceintes à risque de développer une pré-éclampsie, avant même que la complication ne survienne.

Ces femmes peuvent alors bénéficier d’un traitement préventif par l’aspirine, réduisant très fortement le risque que leur grossesse ne devienne pathologique !

 

 

Source

 

Genoux, A. et al. 2018. Targeted screening for pre-eclampsia in the first trimester of pregnancy at Toulouse University Hospital. Ann Cardiol Angeiol (Paris) 67(3):111-118. doi: 10.1016/j.ancard.2018.04.022.

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